Je souhaite réaliser une petites séries de billets dont le but est une mise en perspective entre Scrum et CMMi. Ces billets n’ont pas pour but de préconiser l’un plutôt que l’autre mais de faire partager mon humble expérience à ce sujet : je viens de passer plus de 3 années au sein d’une structure dont CMMi a été l’épine dorsale. A ce titre et ayant œuvré en tant que consultant ou chef de projet j’ai mis en œuvre des pratiques CMMi jusqu’au niveau 4. J’ai abordé Scrum il y a 3 ans mais cela n’a pas été retenu alors dans cette structure, et seulement depuis fin 2008 les projets Scrum sont déroulés. La question revenant régulièrement sur le tapis, écrire des billets à ce sujet me permet aussi d’organiser ma pensée.
Naturellement la première chose que je vais entendre (ou lire) c’est : CMMi est un modèle et Scrum une méthode. On ne peut donc pas les comparer. Je rejette cet argument dans le sens où chaque société implémente CMMi “à sa guise”, et donc je compare l’implémentation de CMMi (telle que je l’ai connu) à l’implémentation de Scrum. Il est d’ailleurs assez amusant de constater que cette défense de CMMi vis à vis de Scrum prolifère récemment alors que l’implémentation de CMMi est -très- sérieusement bousculée par l’implémentation de Scrum.
Oui il y a une opposition philosophique entre ces deux méthodes, c’est pourquoi l’une bouscule l’autre à mon sens. Par contre il est évident que les deux peuvent dans bien cas se conforter.
Je dois dire qu’au sein de l’organisation dans laquelle j’ai déroulé les pratiques CMMi l’arrivée de Scrum est réellement vécue comme une bouffée d’air frais. Surtout en raison d’un monopole trop totalitaire de cette doctrine (CMMi). Je suppose que dans quelques années un monopole de Scrum pourra tout aussi bien être bousculé par une nouvelle approche.
Les points que j’espère aborder :
- Le couple : manager/CMMI leader/Scrum (je tire cette terminologie (manager/leader) de l’excellentissime: Lean Software Developpement, an agile toolkit (il se lit comme un roman je vous le recommande chaudement)).
- Pour le nouvel arrivant, le débutant, quels sont les bénéfices et inconvénients de CMMi et Scrum.
- Les bénéfices et les risques CMMi & Scrum, je vais essayer de dire quand est-ce que je m’appuierai plutôt sur Scrum ou plutôt sur CMMi, et dans quels cas les deux peuvent cohabiter voire se renforcer.
- d’autres peut-être !
J’espère ne pas me perdre, ni être trop ambitieux et surtout vous donner mes arguments de terrain (donc forcément il seront “teintés”).
by Fabrice Aimetti
08 Dec 2009 at 15:39
Pour info, le SEI a publié en 2008 une étude comparative sur le sujet CMMI or Agile: Why Not Embrace Both!
Cordialement, Fabrice.
by pablo
08 Dec 2009 at 15:53
merci Fabrice. Je n’ai pas cette ambition (une étude du SEI !). Juste donner mes retours terrain et quelques idées.
by Antoine NARDEZE
09 Dec 2009 at 08:56
Bonjour Pablo
Il y a du vécu derrière ton billet, et c’est respectable.
3 réactions :
1 – Un formalisme informel, une souplesse rigide ?
…) fais des allers-retours entre le “monopole totalitaire de la doctrine CMMI”, la “rigidité SCRUM” (mais oui, tu l’as écrit !), “implémenter CMMI à sa guise”, “opposition philosophique” …
Tu (on se tutoie au sein du même groupe
Ce n’est pas tranché comme position. Mais, c’est normal et ça me rassure. Il est, à mon sens, impossible (ou inutile) de positionner/opposer CMMI et SCRUM/Agile dans l’absolu.
2 – Les fondamentaux !
Par définition, basiquement, le modèle et la méthode sont “bons et utiles”, mais : le modèle doit être interprété, la méthode doit être appliquée. C’est simple, et ca suffit.
3 – L’enfer, c’est les autres (Guy Bedos ??)
A la mise en pratique, les difficultés sont généralement fortement dépendantes de la culture et des personnes (cf le triptyque PPT : People-Process-Techno). Et il ne faut pas oublier que les personnes, c’est aussi nous même …
Le contexte (par exemple : historique d’application rigide du CMMI, utilisation “à l’arrache” de SCRUM, maturité contractuelle du client …) est aussi essentiel pour mesurer l’ampleur du problème et éviter de reproduire les échecs. C’est ce que tu appelles la “teinture terrain”.
Bon courage
PS : moi aussi, comme Alain, j’accorde beaucoup de temps et d’importance à l’aspect People (management, compétences, formation) pendant les formations CMMI !
Antoine NARDEZE – Alcyonix, Groupe SQLI
by pablo
09 Dec 2009 at 17:52
Bonjour Antoine, ravi de te croiser.
J’acquiesce concernant tes remarques, pour aller dans ton sens et préciser mes retours ils concernent mon environnement. Même si naturellement j’ai pu faire le tour de pas mal projets : j’ai donc une vision précise de l’implémentation locale qui a eue lieu de CMMi, et j’ai une vision plus globale mais moins affirmée du déploiement de CMMi au sein de l’intégralité d’un groupe. Il parait évident que les différences au sein d’un même groupe entre entités sont frappantes, et donc que mes retours ont uniquement pour but de simplement dresser un état des lieux des facililtés et des difficultés que j’ai pu rencontrer dans ma pratique de CMMi, avec en perspective la mise en place de Scrum (dans ce même environnement). Et pas plus.
Je suis aussi ravi de voir apparaître le mot “people” dans ton tryptique. C’est typiquement un aspect qui a été écrasé par le déroulement des pratiques autour de moi. L’éloignement du niveau 1 vers le niveau 5 laissant loin derrière lui le “héros” (tant mieux mais dommage pour la valorisation, être un héros…). Oui les gens comptaient, naturellement, mais on pouvait les interchanger assez aisément, et ce grâce à l’attirail CMMi (amen). Naturellement, je t’arrête tout de suite, dans les faits personne n’était dupe, et on voyait bien que cette personne P était clef à ce moment T sur ce projet J. C’était surtout une mauvaise communication. Et d’ailleurs très certainement une mauvaise interprétation de CMMi, je n’en doute pas. Je subodore ici plutôt la faculté d’une SSII à rêver son propre modèle sur le modèle CMMi (dans ce cas).
Bref, (!), rien de bien ambitieux, je vais essayer de dire où je trouve de l’intérêt dans CMMi, où j’en trouve dans Scrum (qui me ressemble tout simplement beaucoup plus dans ma façon d’être) en me basant sur mes expériences. Passez mon bonjour à Christian et n’y voyez pas une guerre de religion (n’est ce pas Alain).
Cela me permet de finir en citant *réellement* Guy Bedos : “Mon Dieu, mon Dieu, délivrez-nous de toutes les religions !”