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Je reviens sur ce sujet très récurrent de la transition vers Scrum/XP qu’est le bouleversement des rôles et des responsabilités. Au détour de l’une de mes récentes missions deux chefs de projet ont annoncés qu’ils donneraient prochainement leurs démissions si l’on poursuivait dans cette voie (Scrum/XP). Il faut dire que pour lutter contre les habitudes j’ai tendance à vouloir “déséquilibrer la routine“.
En effet le “chef de projet” est mis à mal par l’organisation agile. A des gens a qui on n’a pas cessé de demander d’être (un peu) bon sur 3 domaines à la fois : en management, sur les aspects fonctionnels, et sur les aspects techniques, on demande soudain de choisir entre l’un des 3 domaines (management, soit le scrummaster, aspect fonctionnel soit le product owner, aspect technique soit l’un des membres de l’équipe). Drame.
This entry was written by , posted on October 5, 2011 at 8:43 am, filed under gestion projet, management, méthodes agiles and tagged chef de projet, product owner, rh, scrummaster. Leave a comment or view the discussion at the permalink.
En abordant ce sujet je me dis qu’il va falloir du temps pour voir émerger une vraie réponse et que probablement plusieurs, voire de nombreux billets seront nécessaires. Actuellement toutes les SSII s’interrogent sur comment surfer sur la “vague agile” mais se heurtent a un problème crucial : la contractualisation. Au passage, même si il consacre un chapitre, Ken Schwaber évacue rapidement la question sans vraiment y apporter de réponse.
Historiquement toute la relation projet entre un client et une SSII se base sur un engagement de résultat -le forfait- (je ne parle pas ici des régies, c’est autre chose). L’avant-vente est un moment éminément stratégique où l’on fixe définitivement le périmètre de cet engagement, notamment financier. De cela découle toutes une séries d’aberrations, par exemples :
Des fois, et heureusement beaucoup plus souvent qu’on ne l’imagine, si la phase d’avant vente n’a pas été fatale tout le monde a assez de maturité pour réorganiser les développements, les fonctionnalités et les objectifs au sein de cette chape de plomb représentée par cet engagement de résultat qu’est le forfait.
Je ne vais pas revenir dessus mais c’est clairement en partie pour palier à ces problèmes que les méthodes Agiles rencontrent un tel succès. La transparence et l’implication étant les maitres mots on évite de nombreux écueils, on se focalise sur le ROI, etc etc. Très bien. mais comment facturer cela ? Comment expliquer à votre client : à la fin de notre collaboration vous devriez avoir ceci et cela, au lieu du beaucoup plus rassurant : à la fin de notre collaboration vous aurez ceci et cela. Même si, et j’en suis convaincu, ce que vous devriez avoir aura bien plus de valeur que ce que vous aurez, difficile de faire avaler la pilule ! Surtout avec certains préjugées autour des SSII, et la réalité qui veut qu’il s’agit d’entreprises comme les autres qui vivent de leurs bénéfices.
J’évacue pour l’instant ici la question de la responsabilité (autre complication de la contractualisation Scrum qui veut que la responsabilité soit portée par l’équipe et par le product owner -le client-). Allez expliquer à votre client que le projet a échoué à cause du product owner, c’est à dire lui-même… J’évacue aussi pour l’instant les questions de contractualisation des appels d’offres publiques…
Bref comment contractualiser un projet Scrum (a équivalence de la contractualisation d’un projet classique forfait) entre une SSII et un prospect ?
Une méthode émerge actuellement. Ce n’est qu’une étape et elle ne répond que partiellement au problème. Elle semble fédérer cependant un peu tous les acteurs. J’en trouve un écho dans cet article (merci Christophe). Il s’agit de réaliser un Sprint 0, ou une étude initiale qui va permettre :
L’objectif de ce “sprint 0″ est d’obtenir une évaluation suffisamment précise qu’elle puisse donner assez de garanties sur le “devriez avoir en fin de projet“. Etude qui devrait d’ailleurs définir ce que l’on appelle “fin du projet”… Bref, malgré cette étude, et connaissant le lourd historique commercial qui pré-existe, vous avez toujours un gros risque d’entendre dire : “bon puisque nous avons maintenant assez de visibilité nous pouvons contractualisé un engagement de résultat de type forfait ? non ? “. Là, a vous de ré-expliquer toute la pertinence d’utiliser les méthodes agiles et d’organiser une facturation par cycle de 2 ou 3 sprints.
Enfin on peut estimer grosso-modo que ce sprint 0 nécessite une charge de 5 à 10j (certains vont s’arracher les cheveux que je puisse donner ainsi, ex-nihilo, dans le vide, des chiffres…). La réalisation de ce sprint 0 sous-entend naturellement aussi que vous avez déjà gagné une première étape commerciale.
Rien n’est simple avec Scrum, sauf Scrum lui même.
This entry was written by , posted on September 5, 2009 at 2:03 pm, filed under méthodes agiles, scrum and tagged contractualisation, ken schwaber, product owner, scrum, sprint. Leave a comment or view the discussion at the permalink.