are you agile ?

me retrouver : | smartview | twitter | slideshare | linkedin |
3 derniers articles : | Shadoks, freins, changement, cynefin | coach retreat paris, 2012 | Stoos network, un départ, des attentes |

recherche | archives | catégories | à propos

Richesse des modes de communication

J’ai pu récemment mettre en oeuvre un atelier très intéressant “Offing the Offsite” de James Shore . Son but est de mettre en évidence la richesse de la conversation (sous entendu générée par une user story dans le mode agile) face à la complexité d’écrire ou de lire une spécification. Je résume l’exercice mais je vous encourage à aller voir la page de James Shore. Il fournit tous les éléments en PDF, ainsi qu’un scénario. On délivre à la moitié des participants une feuille A4 avec un dessin tarabiscoté, on leur demande d’écrire la spécification qui permettra de réaliser ce dessin. 10mn passe, on appelle l’autre moitié des participants et on leur demande de réaliser les spécifications, ils ont 10mn. Dans l’exercice 2 on prend soin de changer les dessins tarabiscotés. Puis on demande aux personnes de décrire à leur partenaire, par le biais d’une conversation, les spécifications du dessin. Les “développeurs” ne peuvent naturellement pas voir le dessin (10mn à nouveau). Sans surprise on percevra l’évidente richesse d’une communication orale sous forme de conversation, à celle froide d’un document écrit (je renvoie aussi ici au diagramme proposé par Alistair Cockburn placé ci-dessus).

DESSIN ORIGINAL

Spécifications écrites

Conversation

Sur le second c’est encore plus flagrant (en cliquant sur les images, vous pouvez avoir les versions grandes tailles). J’ai du charger la luminosité ou les contrastes afin de faire ressortir les traits (d’où l’effet baveux…)

DESSIN ORIGINAL

Spécifications écrites

Conversation

Durant cette session j’ai pu faire ressortir deux écueils présents lors de la phase de spécifications écrites qui disparaissaient avec la conversation :  des problèmes de terminologie (“mais qu’a-t-il voulu dire par là ???”), des problèmes de déséquilibre entre la sur-qualité de certains éléments : on s’applique à faire quelque chose que l’on pense avoir compris, et l’absence d’éléments que l’on a omis. La conversation permet la reformulation si il y a un problème de terminologie. Elle permet aussi de dire : “c’est bon, c’est assez, inutile d’aller si loin”, et “tu as oublié ceci ou cela”. C’est évident mais toujours très instructif.

Elémentaire mon cher Watson.

This entry was written by pablo, posted on August 25, 2010 at 7:33 pm, filed under méthodes agiles, scrum and tagged , , , , , . Leave a comment or view the discussion at the permalink.

Le piège de la contractualisation à la française

L’année dernière j’ai été fasciné par les résultats de l’exercice proposé par David Barnholdt concernant la réalisation de spécifications versus le détail de la demande fournie. David encadre deux groupes de travail, à chacun il donne 1 mn pour réaliser les spécifications suivantes,  au premier groupe il demande : “dessiner une une prairie durant une belle journée d’été, avec des fleurs bleues et rouges dans l’herbe verte, quelques vaches et quelques oiseaux sous un éclatant soleil“. Au second  il demande : “dessiner une une prairie durant une belle journée d’été avec : 10 fleurs bleues avec 5 pétales chacune, 5 fleurs bleues avec 6 pétales chacune, 13 fleurs rouges avec 6 pétales chacune, 2 vaches avec 3 tâches noires, 1 vache avec 5 tâches noires, 2 vaches avec 4 tâches noires, 2 oiseaux dans le coin gauche en haut, 3 oiseaux au milieu, le soleil à droite avec 5 rayons”. Le résultat est stupéfiant mais on aurait du s’en douter :

Groupe 1

Groupe 2

Les commentaires sont sur le blog de David Barnholdt mais on aura compris…

Mon propos est d’extrapoler ce jeu de causes et effets au niveau de la contractualisation des projets. On pourrait dire que l’on reste dans le même domaine: expression des besoins (spécifications) que j’étends à la phase précédente cahiers des charges, etc. et donc de la contractualisation.

En France la culture du forfait avec un périmètre très défini est forte, encore plus dans le cadre des appels d’offres publics. C’est à mon avis l’une des causes majeures des échecs ou des difficultés ressentis dans les projets informatiques.

D’une part tout le monde sait bien qu’il est impossible de connaitre 100% de son périmètre à l’avance (si vous lisez Schwaber Popendieck* il dissémine quelques anecdotes “rigolotes” dont celle des “marines” (prononcez “marines” avec un cigare dans la bouche) : lorsqu’ils déclenchent une attaque ils connaissent 70% de leur plan, ils savent que 30% de ce qui va arriver n’est pas “prédictible”). Donc s’engager, payer, contractualiser sur quelque chose d’inconnu ou pire, de faux, est une lourde erreur, lourde de conséquences.

D’autre part, non content de ne pouvoir définir 100% du périmètre par avance, le client, le demandeur, a toujours la crainte de se voir bafouer, flouer : il va donc sur-spécifier (c’est là que je rebondis sur l’exercice évoqué précédemment). Il va en demander des tonnes pour être sûr d’en avoir “pour son argent”. Et cela va se révéler contre-productif : la “sur-spécification”, la spécialisation, va probablement entrainer des développements à façon qui, si ils vont répondre très précisément à un point, vont interdire et limiter fortement tous les autres aspects fonctionnels ou techniques.

On ne peut pas les blâmer, les SSII ont pour vocations de faire des bénéfices et quand il y a contentieux, c’est le cahiers des charges ou les spécifications qui font foi, donc très rapidement. Bref, c’est une lutte, une guerre de tranchées, plutôt qu’une collaboration. Et c’est le serpent qui se mord la queue, car plus les SSII vont jouer bêtement leur rôle, plus les clients vont sur-spécifier.

Difficile aussi de trouver une voie de sortie : si un client fait l’effort de ne pas “en rajouter” la SSII va prendre cela pour un effet d’aubaine et se jeter sur une marge probable à dégager. Je reviens à l’agilité qui est -là encore- la meilleure solution, itération, collaboration, enfin du bon sens. On doit rompre avec une contractualisation basée sur un périmètre complet pré-défini. Aujourd’hui dans le cadre des marchés publics c’est malheureusement quasiment impossible.

Deux maximes à méditer : (faîtes OooommmM) “le mieux est l’ennemi du bien”, “All failure comes from misunderstanding” (“tout échec vient d’une incompréhension”, the wheel of life, truc tibétain, 500 ans av JC)

* oui je me trompe, il me semble que c’est plutôt (les) Popendieck dans “Lean Software Management”, je vais vérifier

This entry was written by pablo, posted on June 24, 2010 at 3:08 pm, filed under gestion projet, méthodes agiles and tagged , , . Leave a comment or view the discussion at the permalink.